La geografia mítica i el sentit de l'ecumene

Des pierres avec des formes étranges, des endroits bizarres, des faits morphologiques ou météorologiques difficiles à exprimer pour une mentalité paysanne agissent comme des prises pour permettre le déploiement de sens écouménal que les mythes proposent. Alors, ils deviennent des échantillons de géographie mythique qui nous transmettent une série de valeurs, ce qu’on a appelé mythopaysage. C’est une réponse à la nécessité humaine de maîtriser ce qui nous entoure, l’environnement.

Fait milieu, l’environnement devient compréhensible, prévisible, acquiert une échelle humaine. Mais l’environnement n’est pas uniquement une série de lieux et de choses dures, fortes, visibles ; il est aussi ce qu’il n’est pas à un moment donné. Les structures à niveau environnemental, les écosystèmes si l’on préfère, ne se forment pas uniquement à partir du présent, mais du futur et du passé.

Les animaux et les végétaux s’adaptent à vivre 365 jours pendant une année. Ils peuvent être le souvenir fossile d’autres époques climatiques ou peuvent se trouver en risque de disparition par l’effet d’un changement des caractéristiques chimiques du sol ou de l’air. Quand on s’approche de ces mécanismes physico-chimiques pour les comprendre, sans coupure, sans qu’on perçoive le saut, on entre dans le monde du milieu, de l’écoumène. On arrive à quelque chose qui ne va pas de soi, mais qui va avec le Nous. Comme Bernard Lassus nous l’a enseigné, les eaux contaminées d’une rivière peuvent faire un beau paysage. Le buis des ermitages peut vivre pendant des siècles grâce à l’action numineuse de la Vierge. Les masses d’air et d’humidité qui circulent dans l’atmosphère deviennent ainsi des êtres personnifiés; même le climat prend des formes humaines. Ce n’est pas seulement que quelques paysans pensent que quand il neige quelqu’un est en train de plumer les oies ; le phénomène est plus subtil : sans s’en rendre compte, les cycles écologiques ou climatiques ont porté les sociétés à habiter dans un monde humanisé. En convertissant la montagne en lieu de notre écoumène on a donné forme et explication au fonctionnement de la planète et de la biosphère ; et, en faisant de quelques parties de la nature le lieu de notre résidence, on a construit les villes et villages, les cabanes et abris qui ont changé la morphologie de la planète et parfois le fonctionnement de la biosphère.

 

 

Extret de http://francescroma.net/web/tesiparis.pdf